Sobriété énergétique et copropriété

Toit immeuble et lumières

C’est un sujet d’actualité, il est de notre devoir à tous de faire de réelles économies d’énergie. Cela passe par les petits gestes au quotidien que vous pouvez mettre en place, mais aussi par des actions plus « grandes », qui vont concerner toutes les copropriétés.

Gestionnaires et syndic de copropriété, gestionnaires locatifs, propriétaires … Tout le monde se demande comment initier ces leviers pour tendre vers la sobriété énergétique.

Dans un contexte marqué par l’accélération du dérèglement climatique, la transition énergétique est une priorité. Le gouvernement a un objectif : réduire de 40% la consommation d’énergie en France d’ici 2050 et diminuer notre consommation d’énergie de 10% dans les deux années à venir.

Qu’est-ce que la sobriété énergétique ?

La sobriété énergétique, c’est l’action qui a pour objectif de réduire la consommation d’énergie des bâtiments. Le but est d’optimiser l’énergie consommée et de limiter la consommation d’énergie superflue.

C’est toutes les façons d’obtenir une meilleure performance énergétique dans une habitation, comme par exemple ne pas allumer le chauffage au-delà d’un certain thermostat ou bien de réduire la consommation d’objets trop énergivores.

Cet engagement se fait à plusieurs niveaux : que ce soit au niveau des acteurs du numérique, des entreprises du commerce, du tourisme ou de l’artisanat ou encore l’engagement de l’industrie.

Ampoule
© Anastasia Zhenina – via Unsplash

Comment atteindre la sobriété énergétique en copropriété ?

Plusieurs actions ont été établies spécialement pour les immeubles d’habitation.

Réaliser un audit énergétique

C’est la première étape à mettre en place, c’est cet audit qui va alors estimer les travaux à effectuer ainsi que leur niveau d’urgence et d’importance. Le bureau d’étude sera alors en mesure de donner une estimation des dépenses liées à ces travaux de rénovation énergétique, de proposer certains travaux à effectuer et d’estimer le gain énergétique généré par ces derniers.

Comme lors de travaux plus « classiques », ces derniers sont alors votés lors d’une assemblée générale. Ils sont alors projetés sur un plan pluriannuel de travaux, sur 10 ans, afin d’atteindre le niveau de d’énergie escompté.

Installer des thermostats sur les chaudières

En installant un programmateur, il est possible de réaliser des économies de gaz de 5 à 15%. C’est une obligation depuis 2018 et elle concernera tous les bâtiments résidentiels ou tertiaires. L’État accompagne les ménages souhaitant installer un programmateur, une prime pouvant aller jusqu’à 65 euros par ménage.

Réduire la durée d’utilisation du chauffage

Sur les immeubles en copropriété, la mise en route des chauffages collectifs commence généralement autour du 15 octobre pour se terminer autour du 15 avril. Aucune réglementation n’impose de dates de démarrage et d’arrêt, il est donc totalement possible d’adapter le fonctionnement des chauffages collectifs en fonction des besoins.

Consommer moins d’eau chaude

L’eau chaude est, dans les logements, une des plus grosses cause de consommation excessive d’énergie. Il est recommandé de la réduire au maximum, en utilisant des équipements comme un limiteur de débit, un mousseur ou encore une douchette à économies d’eau.

Ces derniers permettent de réaliser des économies d’énergies de 15 à 20%.

Bassine d'eau
© Amritanshu Sikdar – via Unsplash

L’individualisation des frais de chauffage

Chaque logement est ainsi informé de sa consommation énergétique, et son occupant peut prendre lui aussi des mesures afin de réduire sa facture de chauffage. Cette individualisation permet d’assurer une équité entre les occupants ainsi qu’un gain énergétique d’environ 15%, quand l’installation le permet.

Il s’agit désormais d’une obligation légale, et sa mise en oeuvre doit être inscrite dans les plans pluriannuels des travaux de rénovation énergétique.

Les aides financières à la rénovation énergétique

28% des copropriétés ne sont pas au courant des différentes aides qui existent en matière de rénovation énergétique. La plupart peut pourtant aider à entreprendre des travaux, voire à en co-financer une partie.

MaPrimeRénov Copropriétés

Maprimerénov Copropriétés finance des travaux réalisés sur les parties collectives. Certaines conditions existent pour pouvoir en bénéficier :

  • la copropriété doit être immatriculée au registre national ;
  • elle doit être composée d’au moins 75% de lots à usage d’habitation principale ;
  • les logements doivent avoir été construits il y a plus de 15 ans ;
  • le projet de travaux de rénovation énergétique doit engendrer un gain de performance énergétique d’au moins 35% par rapport à la situation avant travaux ;
  • la copropriété doit être accompagnée par un bureau d’études assistance à maîtrise d’ouvrage.

L’éco-prêt à taux zéro « copropriétés »

Ce prêt est encadré par l’article L244 du code général des impôts. Il finance les travaux liées aux économies d’énergie réalisées sur les parties communes de la copropriété ou bien les travaux d’intérêt collectif réalisés sur les parties privatives.

Le syndic de copropriété peut souscrire cet éco-prêt taux zéro pour le compte du syndicat des copropriétaires. Il doit alors s’adresser à un établissement de crédit ayant signé un avenant à la convention avec l’État et la Société de Gestion des Financements et de la Garantie de l’Accession Sociale à la propriété.

C’est un prêt sans intérêt qui peut atteindre 30 000 euros par logement si le syndicat de copropriétaires décide de réaliser trois actions de travaux ou bien d’atteindre une performance énergétique globale minimale. Un seul prêt peut-être mobilisé par bâtiment.

Le programme Rénovons Collectif

Son objectif est d’augmenter le nombre de rénovation en copropriété sur tout le territoire d’ici 2023. Il est financé par les Certificats d’Économie d’Énergie, et doté d’un budget de 13,7 millions d’euros au profit direct d’une campagne de sensibilisation.

Travaux dans un appartement
© Milivoj Kuhar – via Unsplash